Éditorial
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Bilan d'étape
« La “rupture” libérale n'est pas au rendez-vous. Mais les positions et les curseurs commencent à bouger dans le domaine de la santé ».
Y a-t-il une façon objective de faire le bilan d'un homme ou d'une politique ? Probablement pas. Jeudi soir sur le petit écran, Nicolas Sarkozy a dressé le sien, plutôt flatteur, évidemment. Mais, s'agissant de la santé, une année ne suffit guère pour avancer un avis définitif. Selon que l'on est patient ou médecin… Que l'on incline à droite ou que l'on penche à gauche… Selon, surtout, que l'on regarde ce qui a été accompli ou que l'on mesure ce qui reste à faire, on dira que le président s'est fourvoyé ou qu'il a fait des merveilles.
Sans prétendre à l'impartialité, Le Généraliste tente, néanmoins, cette semaine, de montrer ce que sont devenus les vingt principaux engagements santé du candidat Sarkozy. Nous en tirons la conclusion que, mine de rien et quoi qu'on en dise, les positions et les curseurs ont bougé. Le compte à rebours a commencé pour la création des futures ARS et la régionalisation n'est plus une option. Le plan Alzheimer a hissé les pathologies du vieillissement au rang de priorité nationale. A l'hôpital comme en ville, le cap est mis sur les regroupements, le partage des tâches et la diversification des modes de rémunération.
Certes, ce sont là plus des prémices de changements futurs, que « la rupture » libérale dont certains rêvaient. Peut-être est-ce un mouvement de fond qui s'engage. Mais difficile d'en estimer l'ampleur, faute de savoir à quel remembrement sanitaire il conduira vraiment. L'homme pressé qui est arrivé il y a un an à l'Elysée nous avait pourtant accoutumé à plus de célérité et d'idéologie. Au point que l'on ressente parfois une impression de surplace (ou de volte-face ?) dans le domaine de la santé. Il faut dire que la conjoncture exécrable ne permet guère d'entreprendre une réforme au pas de charge. Et le sort funeste réservé à quelques dossiers emblématiques, comme la FMC et le DMP, donne parfois un sentiment de retour en arrière. Enfin, la recherche du consensus prend du temps et amène la ministre à élargir à l'envie le tour de table , avant de s'exprimer. Depuis novembre, les Egos se sont éternisés, mais tout le monde y a eu sa place ; en décembre, les « anti » ont réintégré la Convention ; en janvier, les trois principaux syndicats de PH ont signé l'accord sur les comptes épargne-temps ; et on ne compte plus les rapports qui s'accumulent avenue de Ségur... « Ensemble, tout devient possible ! » Appliqué au pied de la lettre, le slogan du candidat Sarkozy nuit un peu à la visibilité de la politique actuelle, mais servira peut-être de fondement à celle de demain. Car d'ici l'été, les choses devraient se décanter rapidement. Et Roselyne Bachelot – dont Nicolas Sarkozy saluait il y a peu la propension à jouer collectif – devra faire montre d'abnégation pour aborder les sujets qui fâchent. L'affaire dite « des lunettes » lui a donné un avant-goût de ce qui l'attendait… Bon courage !
N°2449 du 25/04/2008 |

















